Grapes Picking in Mildura

26/02/2010 - Pays : Australie - Imprimer ce message

Une journée à Melbourne après la Tasmanie, et j’ai aussitôt trouvé un lift avec un anglais pour partir à Mildura chercher du fruitpicking. Il avait une voiture donc facile pour aller de ferme en ferme. Un autre français l’avait justement contacté aussi, nous sommes donc partis à 3 le samedi 13, de bonne heure le matin.

Après pas loin de 8h de route, nous sommes enfin arrivés dans la ville, au nord de la région du Victoria, et avons été chez un australien que Richard, l’anglais, connaissait. Il devait nous aider à trouver du fruitpicking. Guillaume, l’autre français, avait un contact aussi, d’un fermier qui avait du boulot. Donc l’australien a plutôt essayé de nous chercher un logement. Pas très malin. Moi ça ne m’inquiétait pas de savoir où j’allais dormir la nuit qui arrivait. Richard a une tente, donc pas besoin de logement.

Le jour même, rendez-vous avec Larry, le contact que Guillaume avait. Lorsque j’ai vu sa tête, j’ai eu dans ma tête, une impression de « déjà vu ». Non, il ne me disait rien, mais le genre de mec me disait quelque chose. Je ne pense pas en avoir déjà rencontré, mais j’ai déjà du entendre des histoires à propos d’un mec du même genre que j’avais en face de moi. Jeune, bandana à la tête, un peu branleur. Lui, un fermier ? Non, finalement, c’est un mec qui peut nous trouver du boulot. Nous pouvons loger dans son backpacker, ce qui nous coûterait $120 la semaine, ce qui est raisonnable. Mais nous préférions loger au camping, vu que nous n’étions pas sûrs d’avoir du boulot encore. C’était ok, nous logions dans un camping et il nous trouvait du boulot pour le lendemain au prix de $7 / jour. Hein quoi ? Je rêve ! Bon, ok. On peut essayer. Mais déjà, je ne lui faisais pas confiance. Guillaume non plus ne sentait pas du tout ce mec. Seul l’anglais avait l’air de sentir ce plan. Content avant d’avoir le boulot. Pffff quand j’y repense !

Larry nous a dit qu’il nous rappellerait dans la soirée pour nous confirmer le lieu de la ferme. Chose qu’il n’a pas faite. C’était nous qui le rappelions en permanence. Au final, il ne savait toujours pas, et nous a donc dit de le rappeler le lendemain matin à 6h15. Nous faire lever pour ne pas être sur d’avoir du boulot ? Ahhhhh, je le sentais pas du tout ce plan ! Guillaume n’avait pas du tout envie de se lever, mais l’anglais nous a motivés pour essayer.

Ok, lendemain, debout à 5h45. À 6h15, on rappelle Larry. Il ne décroche pas aux premiers appels, mais finit par décrocher lorsque c’est moi qui tente de le joindre. Tête dans le cul, à moitié réveillé, nous donne rendez-vous à 7h devant notre camping. Avait-il trop fumé la veille ?

A 7h05, il est là, avec son mini-bus, avec 2 ou 3 pickeurs à l’arrière qui vont embaucher. Il nous donne le lieu de notre ferme. Je n’y croyais pas. Nous avions du boulot ! Mais le pire restait à venir… lol !

Nous arrivons donc à la ferme, et le fermier nous dit à peine bonjour, nous donne nos couteaux en guise de sécateur, explique à Richard brièvement la manière de couper les grappes de raisin, et c’est parti ! Qu’est-ce que nous faisions là ? Combien sommes-nous payés ? A quelles heures sont les pauses ? Même pas le temps de lui demander tellement ça commençait à être froid. Donc aucune explication. Les réponses à nos questions sont venues au fil de la journée. Nous étions payés au rendement. $0.72 la petite cagette. Nous en avons fait 20 à 3 en une heure. Calculez la paie à l’heure ! Misérable !!!!

On continue ? On arrête ? On verra à la fin de la journée. On a pris nos pauses de nous-mêmes car personne ne nous disait rien. Nous avons passé à la journée à se plaindre. Comme de bons français car bien sûr, l’anglais, content d’avoir du boulot, même mal payé, ne se plaignait pas.

On a au final travaillé 7h et avons fait environ 150 cagettes à 3. Nous ne toucherions pas plus de $35 chacun, moins les $7 que nous devions à Larry, moins les $5 du camping, moins la nourriture. Pas énorme économie au final.

Après multiples réflexions, Guillaume et moi avons décidé d’arrêter. Mais l’anglais a décidé de continuer. Se faire exploiter ? Non merci pour moi !!

Richard a la voiture, il peut nous amener dans quelques fermes pour trouver du travail. Oui il veut bien, mais il soupirait tellement, que l’on sentait qu’il en avait marre ! Putain, mais j’hallucine ou quoi ? Il aime se faire exploiter, et se plaint du carburant perdu pour trouver une ferme, alors que c’est moi qui ai payé le plein d’essence qui n’était pas fini. Rester à Mildura même ne nous a pas permis de tomber dans des fermes, et avons frappé à quelques maisons, mais sans succès. On a lâché l’affaire à cause de l’attitude désagréable de Richard. Il ne nous aidait pas !

Au camping, Larry est connu. Et oui je l’avais deviné depuis le début, c’est le magouilleur de Mildura. Hi hi hi !! Nous avons entendu pas mal de choses à son sujet !

Le lendemain, Richard est retourné au travail. Avec Guillaume, nous avons été à l’agence Harvest (agence pour le fruitpicking) voir si il y avait du boulot. Au final, pas de boulot. Nous avons donc appelés tous les numéros que nous pouvions avoir, sans succès, à part un qui nous a dit de rappeler plus tard, mais sans cesse il nous disait de le rappeler. Pfff !

Nous avons croisé sans la rue l’australien chez qui nous avions été le samedi. Il nous a redonné les plans pour être hébergé dans des backpackers qui pouvaient nous trouver du travail. On a donc appelé l’Hotel Merbein qui a du travail. Oui, il en a toujours. A l’heure apparemment ! Mais n’a plus de place dans son hôtel, va donc nous rappeler pour nous trouver un logement. Il nous rappelle, nous pouvons être logé dans un backpacker et travaillait dès le lendemain, normalement dans une ferme à l’heure. On attend Richard le soir pour en discuter. C’est ok. On boucle les sacs, et il nous amène dans notre backpacker. Wahou, trop de chance. $12 la nuit, et il y a une piscine, et on a une chambre où il n’y a personne. Mais pourquoi il y a personne dans ce backpacker ? Tout simplement car il n’est pas connu !! Je me dis qu’on a déjà de la chance. On s’installe donc, le lendemain, le bus doit nous prendre pour nous amener dans une ferme. Le bus a du retard, mais on arrive dans une ferme, payé au rendement aussi au final ! Dégoûtés. On commence à picker, avec découragement. Mais les fermiers paraissent déjà beaucoup plus sympas. Un bonjour et une bonne explication de chaque chose. Et à 10h, c’est la pause. On nous offre thé ou café, gâteaux et sandwichs. Il y a 2 autres japonais qui travaillent depuis la veille. La récolte commence juste ici. Nous ne sommes donc pas beaucoup. Les fermiers sont vraiment cools. A peine 12h et une glace à l’eau nous ai offerte. Il fait chaud et ça fait du bien. On est censé travaillé jusqu’à 15h, et nous n’avons pas trop faim. A 13h30, on arrive au bout du rang et allons mangé un bout quand même, mais j’avoue qu’avec le bon break qu’on nous a offert, on n’a pas si faim que ça. Economies de bouffe déjà !

Le temps passe vite et la débauche arrive. On s’aperçoit que l’on a avancé légèrement plus vite que la première journée avec Richard. Nous sommes contents. Mais nous ne sommes pas très rapides quand même et on a du boulot. Mais même si nous ferions plus, nous nous casserions le dos, pour être payé une misère tout pareil ! Pas question de ça pour moi. Ni même pour Guillaume. C’est parfait !

Les meilleurs qui font beaucoup d’heures dans la journée ou qui vont vite, ne font jamais plus de $70 la journée. 50¤ la journée pour 10h de boulot.

Nous sommes restés 4 jours dans cette ferme, et chaque jour, nous augmentions le nombre de cagettes. Mais nous n’avons jamais fait plus de $45 la journée. Et à cause du bus qui nous dépose en retard le matin, et qui est censé venir nous cherchait à 15h mais qui a toujours du retard, et de plus nous fait attendre à l’Hotel Merbein que certains pickeurs finissent leur journée. En gros on poirote !

On a continué à travailler quelques jours dans cette deuxième ferme, mais c’était vraiment histoire d’attendre la paie du premier jour que l’on avait faite avec Richard. Nous désespérions et j’ai vraiment cru que nous ne l’aurions jamais eu. Mais on n’a pas lâché prise !

On a finalement au total gagné $183 pour 5 jours de travail. Ce qui représente bien la misère. Cela revient à 130¤ environ. Je ne sais connais plus le taux de change à l’heure actuelle. Mais nous sommes contents, car nous n’avons pas été déduits des $7 de Larry pour le premier jour, et ni des $5/jour du bus qui nous conduisait à la ferme aller-retour. Rien ne nous a été déduit et rien ne nous a été réclamé. Ouf. Plus d’économies que prévu, mais pas assez.

J’ai oublié de préciser qu’au backpacker où nous étions, il y avait des allemands qui sont arrivés un jour avant nous, et qui ont dégotés LA ferme à l’heure, chez un vignoble (nous c’était destiné pour les fruits secs). On a donc essayé d’y rentrer, sans succès. Le fruitpicking, ça marche comme ça. Il faut tomber au bon endroit et au bon moment. En gros, être un peu chanceux ! Mais sans voiture, c’est galère. Le mieux est d’aller de ferme en ferme demander s’ils ont besoin. Les backpackers et les agences, ce ne sont que des bons à rien ! Je serais donc restée une semaine à Mildura.

 

Le samedi, j’ai pris le bus et suis partie à Albury. J’ai 2 copines là-bas, elles ont travaillé 3 jours chez un vignoble et devait reprendre le travail le lundi suivant. Une ferme à l’heure ! J’avais déjà appelé la ferme justement, et j’étais sur liste d’attente.

Mes aventures à Albury ont été rigolotes. Je n’avais pas réussi à joindre les filles durant la journée, je suis donc arrivée le soir sans logement à 20h. La nuit est tombée plus vite que prévue je trouve. Je demandais des adresses de backpackers aux gens dans la rue, mais impossible de trouver ce qu’on m’indiquait. Je me suis pointée au KFC, mais le personnel me regardait de la tête au pied, ça a commencé à m’énerver grave. En plus, ce sont des gros cons !! Faut rien leur demander à eux, putain ! Ils n’ont pas l’habitude de voir des backpackers à Albury ? Ah bah non ils ne doivent pas car en effet aucun logement destiné pour nous. Si un, mais à 5kms du centre. En plus il commençait à pleuvoir, je me suis réfugiée dans le hall d’un Motel. Finalement le gars de la réception a bien vu que j’étais en galère de logement. (Il aurait fait beau, j’aurai pu passer ma 2ème nuit dehors en Australie ! Hélas il pleuvait). Il m’a donc demandé combien je voulais mettre dans un logement. Je lui ai sorti pas plus de $30 la nuit. Et j’avais donc ma chambre à ce prix là, alors qu’elle en vaut le triple. C’était génial !

Le lendemain j’ai réussi à joindre les filles. Mais mauvaise nouvelle. Elles sont toujours en attente de travail. Superrrrrrrr !! Elles n’ont aucune idée de quand elles vont reprendre. Ca fait 15 jours qu’elles attendent. Le raisin n’est soi-disant pas prêt. Vu qu’elles sont à la dèche de thunes, elles attendent patiemment. Et les fermes autour sont apparemment complètes, elles ont déjà essayé.

Et du coup durant mon petit séjour à Albury, j’ai eu la chance de tomber sur des gens qui ont bien voulu m’amener à l’endroit que je voulais aller. Je leur demande le chemin, et hop je monte dans leur voiture ! Trop gentils !

Maintenant, je suis à Sydney depuis mardi soir où l’aventure continue….

 

 

 

Note: 0/5 - 0 vote(s).
Imprimer ce message
Syndication :